Malott et Suarez ont écrit en 2003 : « If a dead man can do it, it ain’t behavior, and if a dead man can’t do it, then it is behavior.« 

Si pour vous c’est du charabia, voilà ce que ça donne en français : « Si un homme mort peut le faire, ce n’est pas un comportement, et si un homme mort ne peut pas le faire, alors c’est un comportement« .

Bon d’accord, mais pourquoi cette citation ?!

Sur ce site, nous parlons essentiellement du comportement (oui, à votre grande surprise). Un comportement est toute action de l’individu. Cela paraît relativement simple… et pourtant ! Il nous arrive parfois de définir un comportement, que l’on souhaite observer ou traiter, mais qui finalement n’est pas un comportement. Comment cela est-il possible ? Je n’en sais rien. Réponse :

– Il est possible que le comportement ait tout simplement été mal défini.

Pour pallier ce problème de définition, Lindsey Ogden a conçu en 1965 un test au doux nom de Dead Man’s Test (Test de l’Homme Mort). Ce test, extrêmement simple, permet de déterminer si un événement est bel et bien un comportement. Et donc, peut être renforcé ou puni.

Fonctionnement du test

Lorsque vous définissez un comportement, l’utilisation du test consiste en une seule et simple question : Est-ce qu’un homme mort peut le faire ? Si la réponse est oui, la définition du comportement a échoué au test et ce n’est donc pas un comportement. Si la réponse est non, la définition du comportement a réussi le test et il s’agit bien d’un comportement.

Exemples :

Vous souhaitez observer, chez votre enfant, le comportement de se taire durant le repas. Est-ce qu’un homme mort pourrait le faire ? OUI. Se taire n’est pas un comportement. Donc, vous ne pouvez pas le renforcer.

Vous souhaitez observer, chez votre collaborateur, le fait de mettre son casque lorsqu’il rentre sur un chantier. Est-ce qu’un homme mort pourrait le faire ? NON. Mettre son casque est un comportement. Ce comportement peut être renforcé ou puni.

Exemples de comportement qui finalement n’en sont pas (réponses OUI au test) : rester immobile, rester assis, rester sage, attendre, ne pas manger trop sucré, fixer du regard, ne pas toucher un bouton, ne pas se gratter, ne pas parler à un inconnu, rester dans son bureau, etc…

Exemples de comportement qui en sont réellement (réponses NON au test) : jouer, marcher, courir, écrire, dessiner, utiliser l’ordinateur, manger des ingrédients sains (c’est différent de « ne pas manger trop sucré »), parler, chanter, utiliser un outil, rendre un dossier à temps, etc…

Au final, à quoi sert ce test ?

Tout l’intérêt du test est de savoir si l’on va pouvoir modifier ou non le comportement. La question « Est ce qu’un homme mort peut le faire ? » se pose à chaque fois que vous souhaitez observer un comportement. Car si vous souhaitez le modifier, par renforcement ou punissement, il sera nécessaire que le comportement en question soit vraiment un comportement.

Par exemple : si vous voulez renforcer le fait de se taire au repas, vous ne le pourrez pas. Mais si vous souhaitez renforcer le fait d’avoir parlé après avoir fini de manger, là c’est possible. C’est subtil, certes, mais cela change tout.

Les exemples (modifiés pour que cela fonctionne) :

rester immobile = bouger après un certain délai; rester assis = se lever après un certain délai; ne pas manger trop sucré = manger des ingrédients avec un pourcentage de sucre bas; ne pas toucher un bouton = toucher tout le reste; ne pas se gratter = occuper ses mains de manière à ce que la personne ne se gratte pas; rester dans son bureau = traiter un dossier, appeler les gens, sortir du bureau qu’à un certain moment, etc…